Généralités en ostéopathie
Histoire de l'ostéopathie

L'ostéopathie naquit aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XIXème siècle grâce à Andrew Taylor Still.

 

Andrew Taylor Still (1828-1917) :
Né le 6 août 1828 aux Etats-Unis en Virginie, Andrew Taylor Still est le fils d'un pasteur méthodiste Abraham Still. Le méthodisme est une doctrine d'une église évangélique protestante dont le concept est la recherche permanente de la perfection, l'intérêt pour le bien-être social et la moralité publique. C'est cette éducation qui influencera le jeune Still.

Abraham Still développa beaucoup le concept d'hygiène de vie, en favorisant l'exercice physique, le repos, la propreté et en rejetant l'usage de médicaments.

Andrew Taylor Still assista très jeune son père dans l'exercice de la médecine de l'époque à base de plantes, de petite chirurgie et de manipulations. Ainsi le jeune Still se forme empiriquement, grâce aux connaissances qu'il retire du terrain mais aussi de ses lectures.

C'est ainsi que Andrew Taylor Still développa une technique pour le mal de tête. En effet, alors qu'il n'avait que 10 ans, souffrant d'un mal de tête, il prit les rênes qui servaient à son père pour labourer et confectionna une balançoire élevée de 20 cm par rapport au sol. Il plaça la corde sur la base du cou et s'aperçut qu'en peu de temps son mal de crâne était passé. C'est cette découverte qui développa son intérêt pour les traitements naturels. Il utilisa cette technique pendant 20 ans pour se soulager et il comprit par la suite que cette technique agissait sur les grands nerfs occipitaux.

Andrew Taylor suivit les traces de son père en s’intéressant à la médecine mais il devint agriculteur afin de subvenir aux besoins de sa famille.

Still s'engagea le 6 septembre 1861 dans les milices du Kansas pendant la guerre de sécession. La guerre confirma ses craintes : en effet beaucoup de personnes moururent d'infections dues en majorité à un grand manque d'hygiène. Durant 3 ans, Still travailla à l'hôpital comme intendant mais aussi comme chirurgien ce qui lui permit de parfaire ses connaissances anatomiques. Il paraîtrait que Still intégra dans les années 1860 le Kansas City School of Physicians and Surgeons afin d'affiner sa formation médicale ; mais écœuré du côté commercial de ses études qui tendent à valider la formation contre des frais de scolarité et un simple interrogatoire dénué de pratique, il quitta ces études et ne fut jamais diplômé du doctorat de médecine. Ceci renforça ses convictions selon lesquelles la médecine du XIXème siècle était archaïque et chargée de charlatanisme.

Andrew Taylor Still est un homme qui perdit foi dans le système médical de l'époque. En effet, il connu beaucoup de pertes : sa femme mais aussi 4 de ses enfants. Ceci le fit douter de l'efficacité de sa pratique à tel point que pendant un temps il refusa de soigner les enfants de ses voisins. Il en restera perturbé émotionnellement durant environ 8 années.

Still soigna pendant de nombreuses années des indiens et fermiers, ce qui lui permit d'apprendre des techniques de rebouteux grâce à ses diverses rencontres. Histoire moins glorieuse mais qui fut très utile pour l'avancée médicale, Still visita de nombreuses tombes d'indiens afin d'y étudier les nerfs et veines au départ sans rien couper. Néanmoins, plus tard, il ramènera les squelettes chez lui afin de les disséquer et de les étudier. Ainsi il développa de fabuleuses connaissances anatomiques également grâce aux livres d'anatomie de la bibliothèque de son ami Abbott.

Dans ses lectures, Spencer influenca beaucoup le nouveau concept de soins de Still : en effet lors des explications de Spencer sur l'évolution de Darwin, Spencer parlait de « cause et effet, structure et fonction, travail holistique de l'organisme et interrelation de ses parties ». Ces mots seront à l'origine des principes fondamentaux de l'ostéopathie que nous développerons plus tard.

Après de nombreuses années de recherche et de nombreux succès médicaux notamment sur l'asthme et la dysenterie, c'est en 1874 que le Dr Andrew Taylor Still pris conscience qu'il était en train de développer une nouvelle approche médicale qu'il nomma Ostéopathie.

Ce mot vient du grec « os » et de « pathos » qui signifie « venant de ».

Ce terme mènera cependant à une certaine confusion sur le rôle de l’ostéopathe qui est souvent assimilé à un impact sur le squelette directement et non sur le reste des structures qui composent le corps humain.

Le 6 août 1874, le Kansas étant dévasté par une invasion de sauterelles, Still déménagea à Macon dans le Missouri afin d'y rejoindre son frère et de là-bas il continua de développer sa nouvelle méthode de soin. C'est ainsi que naît une nouvelle histoire : un jour en se promenant à Macon, il propose de l'aide à la mère d'un enfant souffrant de la grippe, pathologie mortelle et dangereuse à cette époque. Lors de son examen, A-T Still retrouva un enfant fiévreux, avec un dos chaud, des tensions articulaires sur toute la colonne vertébrale ainsi qu'un abdomen froid. Il utilise alors des techniques manipulatives dérivant des traitements magnétiques de l'époque sur les côtes et les vertèbres. Ceci ayant pour but de libérer l'approvisionnement nerveux et sanguin qui va jusqu'aux intestins. Le lendemain, la mère vint voir Still pour lui annoncer que l'enfant allait beaucoup mieux.

Malgré ses succès florissants, Still ne se fait pas bien voir, il est accusé d'être le démon, il faut dire aussi qu'il était habillé tout de noir et portait sur son dos un sac remplis d'ossements. Il est donc prié de quitter la ville de Macon et part donc pour Kirksville le 1er décembre 1874.

En mars 1875, il s'installe comme magnétiseur. Il combine différentes techniques et méthode notamment le bonesetting qui est une méthode de rebouteux venant d'Angleterre. Devant son succès florissant, les médecins vont essayés de le condamner pour pratique de la médecine sans licence mais en vain.

En 1892, il fonda avec sa femme, 3 de ses fils, un de ses patients et un de ses étudiants la toute première école d'ostéopathie l'American School of Osteopathy à Kirksville dans le Missouri. Dans cette école, 12 élèves ont commencé dont 5 de ses enfants et donc 5 filles puisque contrairement aux autres écoles Still autorisa l'admission de filles dans son école ! Still n'autorisa pas la pratique aux étudiants tant que les connaissances en anatomie n'étaient pas suffisantes.

Des gens du monde entier accoururent à Kirksville pour consulter the Old Doctor comme on l'appelait à cette époque.

Entre 1896 et 1899, 30 collèges d'ostéopathie furent crées aux USA et il devint indispensable d'établir des standards d'enseignement. Là naquit une scission : d'un côté les conservateurs opposés à l'utilisation des médicaments et de l'autre les modernes désireux d'intégrer les progrès de la médecine et notamment de l'arsenal médicamenteux dans leurs traitements. Ce sont les 2èmes qui gagnèrent la bataille. Et Still se retira petit à petit du fonctionnement de son collège pour écrire et ainsi pouvoir transmettre son savoir.

En 1914, Still fit un ictus cérébral suite auquel il ne recouvrit jamais la parole. Il décéda 3 ans plus tard suite à une dégradation importante de son état de santé et suite à des années très difficiles, le 12 décembre 1917 à l'âge de 89 ans.

 

John Martin LittleJohn (1865-1947) :
John Martin LittleJohn arriva à Kirksville en 1897 afin de découvrir les techniques « miracles » du docteur Still car il souffrait de problèmes chroniques de nuque et de gorge. C'était un homme très instruit puisqu'il a étudié la théologie, le droit, les bases de l'anatomie et de la physiologie, il était aussi docteur en philosophie. Il recouvra la santé grâce aux traitements ostéopathique de Still qui l'impressionna énormément. Still, lui même impressionné par l'instruction de ce jeune homme, le recruta pour donner des cours de physiologie. En même temps, il suivit les cours d'ostéopathie au collège et y prit de plus en plus de responsabilités. Cependant, les idées de Still et de Littlejohn divergèrent car ce dernier voulu intégrer plus de science médicale dans la formation, ce que Still vit d'un mauvais œil compte tenu de ce qu'il pensait de la médecine. LittleJohn quitta l'AQO en 1900 en raison de l'opposition à laquelle il fut confronté. Il fonda en 1900 avec ses 2 frères le Littlejohn College of Osteopathy à Chicago et en même temps il reçut le diplôme de docteur en médecine. Il rentra en Europe en 1913 et s'installa en Angleterre.

C'est grâce à cet homme que l'ostéopathie se répandit en Europe puisqu'il fonda en 1917 la première école d'ostéopathie de Grande Bretagne : la « British School of Osteopathy ».

L'implantation de l'ostéopathie en France revient au Dr Robert Lavezzari qui créa le premier enseignement d'ostéopathie en France dès 1932 au dispensaire Hahneman à Paris.

 

William Garner Sutherland (1873-1954):
En 1897, William Garner Sutherland était un ancien imprimeur et devint un jeune journaliste. Après avoir entendu des échos divergents et contradictoires, il décida d'aller directement enquêter à Kirksville. Il fut tellement impressionné par ce qu'il y vit aussi bien au niveau de la technique ostéopathique qu'au niveau des résultats qu'il constata, qu’il commença sa formation d'ostéopathe et abandonna le métier de journaliste.

Il n'était pas encore diplômé lorsque l'idée que les os du crâne puisse présenter une quelconque mobilité lui apparu, alors qu’il se promenait dans l’école et observa un crâne éclaté. Cette pensée lui sembla tellement loufoque qu'il l'appela « l'idée folle » et fit tout pour la chasser de son esprit.

Il obtint son diplôme en 1900. Malgré plusieurs années de pratique, l'idée folle d'un possible mouvement crânien le hantait toujours. C'est seulement une vingtaine d'années plus tard qu'il décida d’y revenir. Il commença tout d'abord par essayer de démontrer qu'il se trompait et que les os du crâne ne bougeaient pas. Il réalisa une multitude d'expérimentations, d'abord sur l'os sec puis sur son propre crâne. Pour ce faire, il utilisa différents objets comme des lanières de cuir, un casque et des gants de base-ball, des bols en bois... Le but de ces expérimentations était de provoquer sur sa tête des lésions mécaniques induites par de fortes contraintes. Ceci inquiéta beaucoup sa femme qui le trouvait très changé, elle le décrivait comme devenu nerveux, tendu et facilement irritable.

Peu à peu, il développa une compréhension et un modèle mécanique qu'il nomma le mécanisme respiratoire primaire.

Son approche crânienne envisage notamment le crâne comme plusieurs vertèbres qui se sont modifiées au cours de l'évolution pour protéger le système nerveux central qui se développe vers le haut à partir de la moelle épinière. Ainsi l'ostéopathe ne doit plus considérer le crâne et la colonne vertébrale comme des éléments indépendants mais comme interdépendants.

A partir du début des années 1930, il publia quelques articles sur le concept crânien dans des revues professionnelles. Par la suite, il fit des conférences qui furent le point de départ de l'expansion du concept crânien.

Puis Sutherland passa beaucoup plus de temps à enseigner. Dans ses recherches, il s'intéressa à l'enfant et travailla dans un service hospitalier de pédiatrie afin d'y observer et de traiter des enfants. Ainsi, il étudia le développement embryologique du système nerveux et du crâne et il mit en évidence les spécificités du crâne de l'enfant notamment au moment de la naissance et put également développer des techniques.

Il faudra attendre 1946 pour que l'Association d'Ostéopathie Crânienne soit fondée et fasse passer le concept crânien dans le domaine des techniques ostéopathiques reconnues.

Le 23 septembre 1954, William Garner Sutherland mourut à l'âge de 82 ans. L'application journalière qui est faite de par le monde montre l'efficacité incontestable de cette approche et l'énorme contribution qu'elle apporte au monde de l'ostéopathie.

La situation de  l’ostéopathie en France:
Si l’ostéopathie s’est débattu pendant plusieurs années pour sa reconnaissance en France, aujourd’hui son efficacité est reconnue dans son champ de compétence, c'est-à-dire pour la correction des troubles fonctionnels du corps humain.

Quasiment inconnue en France pour la génération précédente, l’ostéopathie a vu le jour en France à peu près simultanément à la première publication dans l’hexagone, soit en 1913, d’un  Manuel d’ostéopathie pratique par le médecin, Lucien Moutin.

Si aujourd’hui les ostéopathes exclusifs représentent la moitié des praticiens, l’ostéopathie a longtemps été un titre, ou plutôt une matière gardée par le corps médical. Cela paraît étonnant puisque, aujourd’hui, la profession n’est toujours pas reconnue comme profession de santé.

Les premiers praticiens sans cursus médical préalable, ont, en effet, vite été confrontés à la législation en vigueur et sanctionnés pour pratique illégale de la médecine.

L’ostéopathie a fait un grand pas au regard de cette époque : de plus en  plus de personnes consultent, la presse la cite fréquemment, et plusieurs mutuelles la remboursent. Aujourd’hui, on peut pratiquer exclusivement l’ostéopathie en toute légalité à condition d’être détenteur d’un diplôme remis à la fin d'années de formation. Actuellement, c'est ce qui pose problème certaines écoles diplôment en 3 ans alors que d'autres comme le CEESO diplôme en 5 années d’études. Et lorsqu'on recherche un ostéopathe, il est compliqué de se renseigner sur ses années de formation et l'origine de son diplôme.

Si beaucoup de patients consultent pour des troubles aigus, c'est-à-dire sur un épisode douloureux soudain, ou des troubles chroniques, c’est-à-dire des maux présents depuis plusieurs mois voir plusieurs années, l’ostéopathie peut être également utilisée préventivement contre l'apparition de ces troubles.

Marie Messager
Ostéopathe à Nandy, proche de Savigny le Temple
Seine et Marne - 77


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